LES GAGNANTS DES OSCARS 2013

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GAGNANTS OSCARS 2013

La  85ème cérémonie de remise des Oscars 2013, a plus que des airs de fêtes elle revêt un apparat politico-historique chaud, et chatoyant. Les costumes d’époque, guenilles de début de siècle et accoutrements seventies viennent voler la vedette à toutes les robes de grands couturiers…

ARGO, de Ben Affleck (nominé 7 fois) repart avec 3 statuettes (Meilleur film, Meilleur Montage, Meilleure adaptation). Ben Affleck fait un discours émouvant (Sous les yeux mouillés de sa femme Jennifer Gardner pleurant de joie) conscient qu’il entre désormais dans la cour des grands réalisateurs. Il aurait presque pu remporter l’oscar du meilleur réalisateur, s’il n’y avait pas été face à de gros calibres comme Ang Lee. En effet Ang Lee rafle la statuette pour meilleur réalisateur, avec sa LEGENDE DE PI, (lui qui l’avait déjà remporté en 2005 pour Brockeback Mountain), ainsi que celle de la meilleure musique, effets visuels et meilleure lumière.

LINCOLN de Steven Spielberg (12 fois nominé fois tout de même) ne repart qu’avec  2 statuettes, bien qu’il fut donné grand favori. Daniel Day Lewis rafle pour la troisième fois de sa carrière le très prisé Oscar du meilleur acteur (« My left foot », « Au nom du père »). Il marque ainsi l’histoire de son sceau d’acteur de haut vol, en imprimant la personnalité du président Lincoln, ayant fait passer l’amendement 13 de la constitution Américaine abolissant l’esclavage et l’histoire de l’Académie du cinéma en étant le premier à cumuler 3 Oscars de meilleur acteur. Et c’est avec toute l’humilité qui caractérise ce grand comédien Irlandais, qu’il fait de l’humour avec Meryl Streep (Autre multi Oscarisée et 15 fois nominée !) lui remettant le trophée en faisant la suite de sa blague aux Golden Globes (« Merci, à Spielberg de m’avoir choisi alors que le rôle était prévu pour Meryl Streep »), « Merci, quand je pense que je devais jouer le rôle de Thatcher et que c’est Meryl Streep qui a eu le rôle ».

Jennifer Lawrence à la grande surprise de tous les pronostiqueurs (Y compris moi même) remporte l’Oscar de la meilleure actrice dans HAPPINESS THERAPY, où elle interprète une jeune disjonctée à la ramasse voulant s’abonner au forfait bonheur aux cotés de Bradley Cooper. Elle rentre aussi dans l’histoire en étant la plus jeune Oscarisée pour cette catégorie. En effet Emmanuelle Riva (la doyenne de la cérémonie) dans « Amour », ainsi que Jessica Chastain ans « Zero Dark thirty » étaient donnés favorites.

AMOUR (Nominé 5 fois) de Michael Hanecke remporte ne repart pas complètement bredouille, puisqu’il remporte l’Oscar du meilleur film étranger. C’est mieux ainsi car cette récompense pour le film (Dont l’histoire repose sur le duo du couple) englobe Jean Louis Trintignant qui eut aussi mérité d’être nominé quelque part…

Quentin Tarentino reçoit l’Oscar du meilleur scénario et Meilleur second rôle pour Christophe Waltz dans son film DJANGO UNCHAINED (Nominé 5 fois). Il semblait satisfait même s’il aurait bien visé l’Oscar du meilleur réalisateur.

Un autre film vedette des pronostiqueurs est LES MISERABLES qui remporte 3 prix dont le Meilleur second rôle féminin pour ANNE HATHAWAY, meilleur maquillage et meilleur mixage son.

Quant à Adèle elle remporte l’Oscar de la Meilleure chanson pour SKYFALL avec le meilleur montage son.

L’Oscar des meilleurs costumes ira au film (Passé inaperçu) ANNA KARENINE de Joe Wrights adaptant l’oeuvre de Tolstoy. Katherine Bigelow ne remporte qu’un seul Oscar du Meilleur Montage  son ex aequo avec Skyfall,  pour son film ZERO DARK THIRTY.

Les grands gagnants de ce cri 2013 furent les films historiques comme Lincoln et Django Unchained retraçant les pages sinistres de l’esclavage, chacun à leur manière ; voire les adaptations d’époque comme Les Misérables et Anna Karénine.

Conclusion, le vrai gagnant des Oscars 2013, c’est « l’Histoire des Etats Unis » racontée par les films poignants, qu’ils soient biopic de président (Lincoln), reconstitution de l’affaire des otages en Iran (Argo), ou western spaghetti sur fond d’esclavage (Django Unchained). Ce qui explique la présence de Michèle Obama (En personne !) pour remettre l’Oscar du meilleur film Argo à Ben Afleck (Elle est proche de George Clooney, l’heureux producteur de Argo, qui  fit bien d’écouter Matt Damon le conseillant dans le choix de son ami Ben Afleck pour le réaliser). Qui aurait pu imaginer qu’un siècle après l‘abolition de l’esclavage, l’histoire de Lincoln racontée par l’un des maitres du cinéma Hollywoodien Steven Spielberg, soit récompensée sous le mandat d’un président Américain noir.

Les  votants ont pris le parti  cette année de ne pas se risquer sur les films à polémique tels que Zero dark Thirty mais d’encourager  plutôt le patriotisme à défaut de condamner les pages de l’histoire, pas si propre de leur pays. Comme à l’accoutumée, une comédie (Dramatique) Happiness Therapy remporta un Oscar pour le fun.

Dommage que la cérémonie fut entachée des interventions baveuses de Seth MacFarlane, aux vannes plus que douteuses, pour une célébration qui se veut certes détendue mais glamour et surtout très regardée dans le monde (Pas moins de 40 millions de téléspectateurs). Un Billy Crystal ô combien drôle et intelligent qui, mesurant bien l’équilibre de ses blagues aurait été un meilleur choix, comme pour l’an dernier.

Gageons que 2014 nous offrira un meilleur animateur, et un casting au moins aussi prestigieux que le palmarès de cette année.

Rahma Rachdi

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http://oscar.go.com/

mercredi 27 février 2013 14:29 , dans REMISES DE PRIX


OSCARS 2013 PALMARES ET PREVISIONS

Blog de rama : je me fais tout un cinéma, OSCARS 2013 PALMARES ET PREVISIONS

PALMARES OSCARS 2013

A un mois de la remise des Oscars, le palmarès vient d’être révélé sans trop de grandes surprises. Ci joint mes pronostics, en fonction des films visionnés. Si seulement les votant pouvaient rejoindre les critiques dans leurs prévisions, le suspense serait alors justifié, par la justesse de jugement cinématographique. L’Académie avait en 2012, largement avantagé « The Artist », qui avait tout raflé sur son passage, laissant un Martin Scorsese penaud avec son excellent « Hugo Cabret » 11 fois nominés et un George Clooney bredouille malgré sa super performance dans « The Descendants ». Meryl Streep avait elle aussi remportée (un peu gênée d’ailleurs) l’Oscar de la meilleure actrice face à celle qui aurait du l’emporter Viola Davis dans « La Couleur de sentiments ». Gageons que cette année sera plus éclectique et moins parti pris, vis à vis de ceux qui se défoncent pour ne serait ce que frôler la statuette si prisée d’Hollywood. Non pas qu’elle soit en or massif, mais elle vaut tout de même son pesant d’or lorsqu’on sait qu’elle transformer un parfait inconnu en acteur bankable ! Quant aux confirmés, n’attendent ils pas la consécration d’une carrière que représente la reconnaissance de ses pairs ?

PALMARES

MEILLEUR FILM

  1. Lincoln de Steven Spielberg 
  2. Argo de Ben Affleck 
  3. Zero Dark Thirty de Kathryn Bigelow 
  4. L'odyssée de Pi d'Ang Lee 
  5. Les misérables de Tom Hooper 
  6. Happiness Therapy de David O. Russell 
  7. Django Unchained de Quentin Tarantino 
  8. Amour de Michael Haneke 
  9. Les bêtes du sud sauvage de Benh Zeitlin 

ARGO est mon favori, car relève d’une adaptation farouchement réaliste, avec une mise en scène impeccable et un scénario perché sur le fil du rasoir, jouant l’équilibriste du suspense. Le meilleur film Américain de 2012 selon moi.

MEILLEUR ACTEUR

  1. Bradley Cooper pour Happiness Therapy 
  2. Joaquin Phoenix pour The Master 
  3. Denzel Washington pour Flight 
  4. Daniel Day-Lewis pour Lincoln 
  5. Hugh Jackman pour Les misérables 

Daniel Day Lewis, sans aucune hésitation qui selon moi est le meilleur acteur de sa génération, il incarne de manière juste, émotive, intelligente et engagée le personnage d’Abraham Lincoln. Politiquement équilibré, son rôle est aussi fort émotionnellement qu’il est historiquement capital. Sa ressemblance physique est en plus frappante, comme s’il était écrit quelque part dans les tablettes de l’histoire de l’humanité qu’un pour DD Lewis devra interpréter Lincoln. Spielberg ou pas, DD Lewis réalise une performance tellement haut perchée du haut de son talent, que le film aurait été une réussite qu’il en occulte le réalisateur !

MEILLEUR REALISATEUR

  1. Michael Haneke pour Amour 
  2. Benh Zeitlin pour Les bêtes du sud sauvage 
  3. Ang Lee pour L'odyssée de Pi 
  4. Steven Spielberg pour Lincoln 
  5. David O. Russell pour Happiness Therapy 

Ma préférence va à Ang Lee pour son Odyssée fantastique de Pi. Cette histoire extraordinaire de l’amitié possible (ou impossible c’est selon) entre un jeune Indien rescapé d’un naufrage, et un tigre de zoo est filmée de la manière la plus esthétique qu’il soit. Un mix d’images 3D, de synthèse et de scènes réelles, si affûté que le résultat est époustouflant. A cela s’ajoute la poésie de la fable en elle même, chargée de spiritualité, qui fait de ce conte un récit  visuellement magique.

MEILLEURE ACTRICE

  1. Jessica Chastain pour Zero Dark Thirty 
  2. Naomi Watts, pour The Impossible
  3. Jennifer Lawrence pour Happiness Therapy 
  4. Emmanuelle Riva pour Amour 
  5. Quvenzhané Wallis pour Les bêtes du sud sauvage 

Ma préférence va à la petite Quvenzhané Wallis dans les bêtes du « Sud Sauvage », qui du haut  de ses 8 ans, m’a époustouflée par la justesse de son jeu et sa maturité authentique dans son rôle de Hushpuppy. Cette petite fée (Zhané veut dire « fée » en swahili) avait menti sur son âge d’ailleurs lors des auditions, où elle fit retenue parmi 4000 candidates. Elle la plus jeune nominée de l’histoire des Oscars  face à Emmanuelle Riva la doyenne des nominées.

MEILLEUR FILM ETRANGER

  1. Amour (Autriche) 
  2. No (Chili) 
  3. A royal affair (Danemark) 
  4. Kon Tiki (Norvège) 
  5. War Witch (Canada) 

Je ne pense pas me tromper en gageant que ce l’Oscar reviendra au favori « Amour » de Michael Haneke. Il est vrai que c’est une très belle œuvre, probablement le film le plus sensible, le plus aboutit et le plus aimant de ce réalisateur Autrichien, fan des acteurs Français qu’il sait sublimer.

MEILLEUR SECOND ROLE FEMININ

  1. Amy adams pour The master 
  2. Anne Hathaway pour Les misérables 
  3. Jacki weaver pour Happiness therapy 
  4. Sally Field pour Lincoln  
  5. Helen Hunt pour The sessions 

Ma favorite serait Anne Hathaway pour son rôle de Fantine dans les Misérables, la belle adaptation musicale de l’oeuvre de Victor Hugo. Un rôle qu’on dirait taillé pour elle, où elle se voue complètement à son personnage, pour lequel elle a d’ailleurs accepté sans hésiter de se faire couper les cheveux très courts.

MEILLEUR SECOND ROLE MASCULIN

Christopher Waltz pour Django Unchained 

Philip Seymour Hoffmann pour The Master 

Robert De Niro pour Happiness Therapy 

Alan Arkin pour Argo 

Tommy Lee Jones pour Lincoln 

 

A défaut je choisirais Christophe Waltz dans Django qui, hélas, a fait de l’ombre à Léonardo Di Caprio dans le même film de Tarentino. Dommage car il méritait d’être sinon seulement nominé mais gagner l’Oscar tant son interprétation du vilain Calvin Candie était parfaite ! Quant à C Waltz il aurait pou concourir dans ma catégorie meilleur acteur, (il se serait trouvé en difficulté face à DD Lewis, certes) tant il vole la vedette à Jamie Foxx dans le rôle principal de Django.

 

Rendez vous donc à la cérémonie de remise des Oscars qui aura lieu en direct du Kodak Theater à Hollywood Boulevard, LA, orchestrée par l’animateur de télévision (TED), Seth MacFarlane , et l'actrice Emma Stone (La couleur des sentiments) pour révéler la vraie liste des nommés. J’ai hâte  d’y être.

Rahma Rachdi

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 http://www.lexpress.fr/culture/cinema/en-direct-oscars-2013-les-nommes-sont_1207569.html

 http://oscar.go.com/

jeudi 10 janvier 2013 15:47 , dans REMISES DE PRIX


Critique du film ARGO

 ARGO

afficheArgo

Le 4 novembre 1979, au summum de la révolution iranienne, des militants envahissent l’ambassade américaine de Téhéran, et prennent 52 Américains en otage. Mais au milieu du chaos, six Américains réussissent à s’échapper et à se réfugier au domicile de l’ambassadeur canadien. Sachant qu’ils seront inévitablement découverts et probablement tués, un spécialiste de "l’exfiltration" de la CIA du nom de Tony Mendez monte un plan risqué visant à les faire sortir du pays. Un plan si incroyable qu’il ne pourrait exister qu’au cinéma.

En réalité ce sont 52 otages qui furent retenus durant 444 jours par les autorités Iraniennes. Les 6 otages membres de l’ambassade Américaine, seront ceux à libérer par la CIA, après avoir été recueillis par l’ambassadeur Canadien Ken Taylor et son épouse à Téhéran.

Pas de temps mort ni de répit pour ce film façon polar noir Américain des années 70, avec une donnée supplémentaire à considérer,  c’est qu’il est adapté d’une histoire vraie. La CIA au chevet d’Hollywood pour sauver l’honneur de la patrie via un scénario bidon, intitulé « Argo » du nom d’un canton Suisse « Aargau ». Un film prétexte donc, pour constituer une équipe de tournage autour du groupe des 6 otages Américains à libérer sous de fausses identités. La distribution des rôles se fera comme à Hollywood entre chef opérateur, directrice photo, scripte et attachée de production. On  se permettra même de l’humour avec le nom du studio de production bidon qui s’appelle « Studio Six » en clin d’œil appuyé aux 6 otages ! Le groupe d’otages s’enfuit par le vol DC-8 destination Zurich, où la Suisse apparaît encore une fois comme une destination politiquement neutre.  De quoi rendre la fiction crédible et donc réelle ! Ben Affleck a d’ailleurs réellement enfermé les 6 acteurs représentant les otages dans le film, durant une semaine, en les coupant du reste du monde, dans une maison entièrement décorée  façon années 70 !

Parmi les anecdotes, il se murmure que le Studio Six, créé de toutes pièces par la CIA, et n’ayant pour seule mission que de libérer ces otages par le film leurre, « Argo », reçu une trentaine de scénarii, à produire dont le célèbre E.T de Steven Spielberg…Le non moins notoire John Chambers célèbre pour son maquillage sur le film « La Planète des Singes », prêta son atelier à la CIA. 

Un film politiquement incorrect dans lequel Ben Affleck a pris le parti de ne pas prendre parti sauf peut être, celui des otages à sauver. C’est intelligent. Une approche douce et sensée par le rapprochement culturel, évitant l’écueil guerrier ultra armé de l’habituelle superpuissance qu'est la CIA.

Le film a aussi le mérite de coller à la réalité avec une force redoutable, au point de nous y plonger. Le suspense n’en est que plus prenant et va monter crescendo au gré d’un rythme haletant et de plus en plus tendu jusqu’à la fin qui marque le climax et la délivrance du spectateur collé à son siège. Un bon dosage entre sérieux et de fantaisie, dans une mise en scène irréprochable, offrant même des petites touches d’humour pour un polar au suspense explosif. Rien à reprocher à l’adaptation que fait Ben Affleck de ce scénario véridique qui est impeccable et ne pêche jamais dans l’exagération ni le populisme. Les détails ont été étudiés avec minutie jusqu’au bout des coupes de cheveux seventies dont sont affublés les acteurs à commencer par Ben Affleck.

Comment le cinéma Hollywoodien réusssit il, par ses chimères, ses affiches géantes de beautés sublimées de stars, ses légendes rendues vivantes, nous manipule tous, y compris les autorités redoutables d’un Iran, pleine révolution, pour exfiltrer des agents Américains ? Cela paraît si énorme ! Mais plus c’est gros, plus ça passe ! Y compris dans nos esprits désormais familiers du gros bluff Hollywoodien capable des meilleures cascades et des pires tartufferies pour nous embarquer dans une histoire si invraisemblable qu’on aimerait y croire. La réussite du film tient à la manière dont il a été filmé : forte d’un réalisme à la fois poignant et visuellement intéressant, même s’il a été tourné en Turquie !

Le vrai message du film est la suprématie qu’exercent les Américains à travers le monde par le business du cinéma et sa force de persuasion qui accompagnera des espions et forcera l’indulgence des autorités qui les poursuivent avec acharnement.  Le tout emballé dans un pochette surprise, à n’ouvrir qu’une fois sur le tarmac Américain ! Parmi les réactions que suscite le film, un grand débat s’est ouvert en Iran, où la jeunesse est divisée entre ceux qui aiment le film et ceux qui  le critiquent et le qualifient de propagande pour la CIA, et ceux plus modérés qui pensent qu’ « Argo » offre "une perspective différente des évènements qui ont conduit à la détérioration chute des relations entre Iran et USA via une approche ciblant la culture et la civilisation de l’ancienne Perse."

Ce film a remporté le Césars 2013 du meilleur film étranger et Ben Affleck a ainsi raflé le Saint Graal d’Hollywood : L’oscar du meilleur film 2013 remis par Michèle Obama, la first lady Américaine. Il empoche également l’oscar du meilleur montage et du meilleur scénario adapté. Amplement mérité car c’est LE thriller de l’année 2012, si ce n’est le meilleur cru Américain d’une année pas si florissante.

« Argo » fait ainsi hommage au patriotisme désintéressé, au courage d’un homme, père d’un fils, qu’il voulait fier de lui, fils d’une nation, qu’il souhaitait grandie par son héroïsme quasi tombé dans l’anonymat. Un film qui mérité toutes les médailles d’honneur qu’on n’attribua que plus tard (En 1997 ! Lors du cinquantenaire de la CIA) au véritable sauveur de ces 6 otages, Tony Mendez.

En effet, à cette occasion Bill Clinton alors président des Etats Unis, leva le sceau du secret défense pour offrir cette plus haute distinction à ce héros de l’ombre. Bill Clinton qui fut d’ailleurs présent lors de la remise du Golden Globe du meilleur film à Ben Aflleck à la cérémonie des  70ème Golden Globes 2013.

Un autre vainqueur est sans doute l’heureux producteur Georges Clooney qui a eu le flair de miser sur cette belle œuvre engagée et intelligente.

Rahma Rachdi

« Argo », film (Américain) réalisé en 2012 par Ben Affleck, avec Ben Affleck, Alan Arkin, John Goodman, et Bryan Cranston

http://www.toutlecine.com/film/0040/00404140-argo.html

http://dawn.com/2013/02/25/iran-scoffs-at-oscar-winning-argo/

http://articles.latimes.com/2013/jan/13/entertainment/la-et-mn-golden-globe-awards-main

 

 

vendredi 02 novembre 2012 00:08 , dans CRITIQUES DE FILMS


CHRONIQUE DU FILM DJANGO UNCHAINED

 

Cette semaine j’ai choisi de vous parler d’un film décalé intitulé DJANGO UNGAINED réalisé par Quentin Tarentino.

 

Il s’agit d’un film OVNI  engagé à mi chemin entre le western spaghetti et le documentaire sur l’esclavage.

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Nous sommes dans le sud des États-Unis, deux ans avant la guerre de Sécession, le Dr King Schultz, un chasseur de primes allemand, fait l’acquisition de Django, un esclave qui peut l’aider à traquer les frères Brittle, les meurtriers qu’il recherche. Schultz promet à Django de lui rendre sa liberté lorsqu’il aura capturé les Brittle – morts ou vifs.

Alors que les deux hommes pistent les dangereux criminels, Django n’oublie pas que son seul but est de retrouver Broomhilda, sa femme, dont il fut séparé à cause du commerce des esclaves…

Lorsque Django et Schultz arrivent dans l’immense plantation du puissant Calvin Candie, ils éveillent les soupçons de Stephen, un esclave qui sert Candie et a toute sa confiance. Le moindre de leurs mouvements est désormais épié par une dangereuse organisation de plus en plus proche… Si Django et Schultz veulent espérer s’enfuir avec Broomhilda, ils vont devoir choisir entre l’indépendance et la solidarité, entre le sacrifice et la survie…

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ANALYSE DU FILM

C’est un film de guerre entre les Noirs et les Blancs, entre les Bons et les Méchants ente le Nord et le Sud entre les hommes et la bestialité.

L’individu lambda et dépourvue de culture historique ne situerait même pas l’esclavage (qui dura de 1619 à 1865) tant les western spaghetti ayant lieu pourtant à la même époque, n’ont jamais évoqué le sujet, ni même dévoilé la traite des noirs, qui faisait le quotidien de l’Amérique du 19ème siècle. A l’époque et selon Sergio Léone, et autres réalisateurs de western, les méchants c’était les Indiens, habitant des huttes, criant des youyous et tuant par des flèches.

 esclave2Django

Un western sur fond d’esclavage, qui l’eut pensé ? Qui l’eut cru ? Qui l’eut osé même, en dehors de l’intrépide Quentin Tarentino ? Un pan de l’histoire Américaine, que certains auront volontairement occulté au risque de se casser les dents sur un sujet aussi grave qu’épineux. Un sujet qui fâche, qui interpelle, qui fait honte à l’Amérique targuée de ses slogans de liberté, mais un sujet qui fait partie intégrante de l’Histoire de ce pays récent soucieux de d’équité.

esclave1Django

Rappelons que l’esclavage aux Etats Unis commence peu après l'installation des premiers colons britanniques en Virginie et se termine avec l'adoption du XIIIe amendement de la Constitution américaine. Progressivement aboli dans les États du Nord du pays dans les années qui suivent la Révolution américaine, l'esclavage occupe une position centrale dans l'organisation sociale et économique du Sud des États-Unis. Les esclaves sont utilisés comme domestiques et dans le secteur agricole, en particulier dans les plantations de tabac puis de coton, qui s'impose au xixe siècle comme la principale culture d'exportation du pays.

Au total, les Treize colonies puis les États-Unis importent environ 600 000 Africains, soit 5 % du total des esclaves déportés vers les Amériques, jusqu'à l'interdiction de la traite atlantique en 1808.

Avant la guerre de Sécession, le recensement américain de 1860 dénombre quatre millions d’esclaves dans le pays.

La marge d'autonomie que ces derniers sont parvenus à se ménager à l'intérieur du système d'exploitation dont ils ont été victimes a donné naissance à une culture originale qui emprunte à la fois à leur culture africaine d'origine et à celle de leurs maîtres.

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Un sujet en somme à maitriser totalement à défaut de tomber dans le cliché, la caricature, voire de minimiser l’horreur qui frappa le Sud des Etats Unis d’Amérique du 19ème siècle.

 Quentin Tarentino, avait plusieurs raisons de réaliser ce film

1-   Il adore les western spaghetti et a toujours rêvé d’en réaliser un lui même.

2-   Il dispose de deux acteurs fétiches Samuel L Jackson et Christophe Waltz qui assureraient à eux seuls, la réussite du casting

3-   Il a déjà osé s’attaquer au sujet épineux du nazisme, par son brillant Unlglorious Basterds dans lequel il s’octroie le luxe de revisiter l’histoire via son cocktail habituel d’ humour + violence, qui marque désormais sa marque de fabrique

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Traiter du sujet de l’esclavage sur fond de western spaghetti n’est déjà pas une mince affaire, mais faire d’un esclave affranchi un héros, sublime  en « meilleure gâchette du Sud » chevauchant fièrement son canasson, ça relève du grand défi. Habitué de la provocation qu’il manie à merveille pour dénoncer els injustices, Tarentino s’offre ce pari osé et complexe de faire d’un esclave lé héros Django en reprenant le grand classique de Sergio Corbucci sorti en 1966. Il offrira même un rôle figuratif à son héros de l’époque  (Franco Nero) qui donne la réplique au nouveau Django en lui demandant d’épeler son nom.

Bien joué !

afficheCorbucci

Certaines répliques sont désormais cultes

« C’est la première fois que je rends la liberté à quelqu’un, alors je me sens un peu responsable de toi »

« Je suis chasseur de tête, c’est le même business que l’esclavage, un business de corps, sauf que je vends les cadavres de blancs »

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Un film pur, brut de décoffrage, sans concessions, qui dit et montre  les choses comme elles sont et qu’elles ont dû être à l’époque. Ici pas de misérabilisme, ni de pathos, il nous entraine dans une histoire de quête amoureuse, en faisant d’un esclave affranchi le héros de ce western sanguinaire. Une saga dont les chemins sont jonchés de surprises aussi bonnes que mauvaises, décriant le racisme effarant de l’Amérique de l’époque esclavagiste démente.

Un scénario extrêmement bien écrit, avec une mise en scène impeccable avec des retournements de situation jouissifs en montagnes russes. Des scènes qui deviendront certainement cultes (Comme celle du Ku Klux Klan gênés par leurs cagoules) par leur grotesque et un comique de situation provocateur.

Ku Klux Klan

Django durant le film va évoluer apprendre, aux cotés du Dr King Shultz, Allemand d’origine, mais Américain de fonction « chasseur de primes ».  Ce dernier un dandy, propret et coquet aux très bonnes manières et au langage très châtié, oscille entre le tueur froid et le parfait gentleman va enseigner à Django non seulement l’art de vivre, mais aussi de négocier, parlementer, jouer, parader, négocier, pour échapper à la mort.

L’élève dépassera t il le maitre ?

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Un style totalement maitrise sur fond d’une superbe bande musicale, où Tarentino s’offre le luxe de passer du hip hop sur des scènes de chevauchées sauvages d’un esclave affranchi, Django partant à la recherche de sa belle. 

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Reste que la bonne dose d’humour mérite d’être équilibrée pour nous permettre de nous plonger plus dans le sérieux du sujet. A moins que la jubilation servie par l‘humour provocateur des situations décalées, absurdes et des tirades savoureuses ne fassent partie de cette thérapie antiraciste que nous offre ce chef d’œuvre engagé.  Du grand Tarentino, pour un grand moment de cinéma devenu arme massive de dénonciation !

chevauchée

Des chevauchées sauvages au milieu des plantations de coton du Sud, des rebondissements à foisons, du sang qui gicle sr les boutons de coton immaculés, les méchants crient et pleurnichent comme des fillettes une fois qu’il sont criblés de balles.. .Bref de la violence 100% Spaghetti Américaine, sauce ketchup à laTarentino !

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La violence des scènes de tortures est à la limite de l’insoutenable, et vient s’ajouter au défilement d ‘esclaves enchainés jusqu’au cou et parfois même la tête, tels des bêtes sauvages. Le film nous plonge ainsi dans la réalité sinistre de l’esclavage tels qu’on n’aura jamais osé la décrire.

Mais la violence la plus ignoble  est parfois verbale, dans la bouche de Calvin Candie et le racisme le plus détestable est  celui sous jacent qui se greffe au racisme ordinaire. Celui dont fait preuve ce riche héritier de plantation en exerçant sa démonstration pseudo scientifique sur le crâne d’un esclave mort après l’avoir servi, lui ainsi que son père et grand-père. La phrénologie, dont il se défend pour expliquer que les Noirs seraient nés pour être esclaves, nous fait poser cette question : « Etait ce pour justifier l’horreur de ses actes ou bien pour appuyer au contraire l’ignominie de ses pensées vis à vis d’une soit disant autre race d’humains ? »

phréologie

Toujours est il que Tarentino, de son doigté filme cette scène avec un tel engagement te un parti pris humaniste si évident que le protagoniste, Candie y apparait ridicule ment bête et méchant sous les traits d’un Léonardo Di Caprio au top de son art.

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Le film montre que la liberté ne se donne pas, elle se mérite, elle ne se monnaie pas, elle se négocie, elle n’est pas innée elle s’apprend. On ne l’obtient pas par la simple signature d’un acte, ou d’un contrat, on la gagne à la force du poignet, en franchissant des obstacles, en se « salissant les mains » parfois et surtout en poursuivant toujours son objectif. Et si cet objectif se rapproche de l’amour c’est alors un graal aux facultés incroyables qui décuplent le mental, le physique et tout ce qui va avec, pour vous transformer en héros.

Calvin Candie apparaît moins libre qu’il ne le croit, il est prisonnier de sa plantation, de son héritage, de son intendant Noir joué remarquablement par Samuel L Jackson, et de son pouvoir. Il en a tellement de pouvoir, qu’il ne sait qu’en faire, il aimerait avoir la puissance de ceux qui se battent pour  un idéal, car lui ne se bat que contre ses chimères pour assouvir ses caprices  de riche. C’est pourquoi, dans le film il apparaît moins libre que Django et que cette rage le rend encore plus amère, plus ignoble et plus cruel qu’il ne pourrait même l’imaginer, et donc assez pitoyable.

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Il multiplie alors les références à la fois littéraires, (Hommage est fait à Alexandre Dumas, auteur des Trois Mousquetaires », en rappelant  au passage que cet auteur de génie fut Noir…

Autre allusion au Savoir vivre des Français, le personnage de Calvin Candie souhaite qu’on l’appelle Monsieur en français car il est très chic d’être francophile, mais il ne parle pas Français !

BOX OFFICE ET RECOMPENSES

Bien que violent et long (2h43min), Django Unchained écrase nettement la concurrence avec déjà plus de 4 Millions d’entrées depuis sa sortie en France. Il continue toujours de cartonner le box office. Il réussi même à  dépasser le score de 2,9 millions qu’avait réalisé « Unglorious Basterds »  en 2009. Reparti des Golden Globes 2013 avec un prix du meilleur scénario

(et un Golden Globe pour Christoph Waltz dans la catégorie du meilleur acteur dans un second rôle).

A la question polémique sur l’utilisation du mot « Nègre » cité trop de fois, selon certains (Dont le réalisateur Spike Lee) dans le film Django Unchained, Quentin Tarantino a refusé le consensus et dénoncé "l'esclavage moderne" qui sévit aux États-Unis, aussi grave que "l'esclavagisme sexuel" qui gangrène la Malaisie. Il a aussi expliqué « ne pas vouloir mentir » quant à la dureté du sujet de l’esclavage. Quant à la bande musicale, Quentin Tarentino se fait plaisir et nous plaisir encore en fois avec une bande son des plus appropriées et des plus éclectiques. Un mix dont il a le secret, alternant du country, avec du Rap lors des chevauchées avec esclaves enchainés, du baroque opéra sur a scène du Ku Klux Klan, du hip hop.

Vous avez rêvé de voir un jour un western sur fond d’esclavage avec du rap en musique de fond ? Quentin Tarentino l’a fait !

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CASTING

Il faut avouer que la réussite de ce chef-d’œuvre tient inexorablement en grande partie  au casting parfait réunissant à la fois de grands et bons acteurs mais aussi une exacte alchimie qui semble être dictée par l’engagement personnel de chaque acteur et leur plaisir à interpréter leurs rôles si bien distribués.

casting

Ainsi Christophe Waltz est absolument irrésistible dans son rôle de faux arracheur de dents Allemand, en réalité chasseur de prime. Il déclame son texte  génialement bien écrit, avec une léger accent Allemand, une allure superbement snob et  un aplomb cruellement  ingénieux.  On en veut et on en redemande. C’est simple Waltz crève l’écran et va jusqu’à faire de l’ombre à Django rôle principal interprété par Jamie Fox, qui ducoup devient presque transparent, à son insu. L’excellence de son jeu fut confirmée par le trophée des golden globes 2013 qu’il remporta dans la catégorie meilleur acteur second rôle. Dommage pour Leonardo Di Caprio qui fut nominé dans la même catégorie et concourrait pour le même prix car il avait amplement mérité de l’emporter aussi !Waltz1

 L’autre héros du film est sans nul doute Léonardo Di Caprio jouant l’infâme Calvin Candie. Il se surpasse dans le rôle du vilain donnant un vrai sens au mot méchanceté. Il excelle dans son interprétation justement dosée et savamment livrée dans ce rôle de l’ignoble esclavagiste prétentieux, dont la richesse égale son impitoyable  inhumanité. Il joue énormément de son regard appuyé qui tantôt exprime le mépris, la haine, la colère, le racisme, la    cruauté, la douceur, la fantaisie, l’enchantement. Quel chemin et quel parcours de surdoué depuis Titanic ! L’acteur aura enchainé avec grand succès, les rôles de plus en plus affirmés et époustouflants avec les meilleurs réalisateurs.

Léonardo  Di Caprio, a annoncé récemment sa retraite momentanée du cinéma. Il a raison de s’arrêter maintenant, après avoir joué dans « Django Unchained » car arrivé aux cimes des acteurs hors normes. Il nous manquera tout de même.

L’avoir dénommé Candie qui veut dire « bonbon » ne fait que rajouter à l’absurde de ce personnage fort.

Troiscateurs

On notera que Léonardo Di Caprio vole la vedette à Christophe Waltz dès lors que Shultz se retrouve face à Candie au même titre que Christophe Waltz faisait de l’ombre à Jamie Foxx dans la première partie du film. Cela tient à la fois de l’inconvénient et du charme d’avoir de grands acteurs qui se côtoient. 

 

Quant à Samuel  Jackson il est si charismatique que sa simple présence atteste de la puissance de son personnage, bien qu’il soit vieux et boiteux. Il joue le rôle de Stephen,  l’intendant de Candie, ayant gagné toute sa confiance, a fil des générations antérieures et devenu son complice dans le perfide. Le duo est craquant de malice méchante.

Tarentino qui sait magnifier les grands acteurs et révéler les moins connus d’entre eux a encore une fois réussi à nous épater par ces comédiens de haut vol. Sam JacksonSam JAckson2

A PROPOS DU REALISATEUR

Que celui qui ne connaît pas Quentin Tarentino, se lève, aille au fond de la classe, tourne le dos au mur et porte un bonnet d’Ane ! On le surnommera la cancre du cinéma, tant qu’il n’aura pas énoncé les seuls 7 et extraordinaires films de cet enfant prodige du cinéma Américain.

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Allez un petit effort, il y eut d’abord l‘excellent RESERVOIR DOGS, (dont il rédige le scénario en moins d’un mois) en 1992, qui lui valu plusieurs prix (Festival de Cannes, Sundance).

reservoir

Ensuite, il y a eu en 1994, le désormais cultissime, PULP FICTION recevant la très convoitée Palme D’or du festival de Cannes et qui lui ouvrit le boulevard des grands cinéastes.

pulpfiction

il se paye alors le luxe de faire jouer De Niro face à Samuel L Jackson dans JACKIE BROWN, seul film qu’il adapte d’un roman de Elmore Leonard « Punch Creole ».

Blog de rama : je me fais tout un cinéma, CHRONIQUE DU FILM DJANGO UNCHAINED

En 2000, il revient après une absence de 6 ans, où il recrute la sculpturale Uma Turman, dont la combinaison jaune qui lui colle à la peau fait d’elle un personnage de Comics vengeresse à mi chemin entre Calamity Jane et Jakcy Chan, aussi sexy que crédible entre séduction et pratique du Kung Fu dans la trilogie de KILL BILL.

killbill

Il se fait ensuite plaisir en 2007 dans un film de filles avec des filles et pour filles aussi libérées que douées en courses de voitures dans BOULEVARD DE LA MORT.

blvmort

Il exprimera alors tout son talent au sommet de son art dans UNGLORIOUS BASTERDS qui lui valu un énorme succès à la fois commercial et critique. Il reprend alors un des acteurs fétiches Brad Pitt et Mark Ruffo dans cette barbarie anti nazie qui révèlera le brillant acteur Christophe Waltz (Prix d’interprétation masculine à Cannes en). Enorme succès à la fois dans le box et office et dans l’arène exigeante des critiques de cinéma ; Celui qui avoie avoir été marqué à son adolescence par des films comme  « La horde sauvage »  de Sam Peckinpah dont il envoie souvent des clins d’œil et « Délivrance », 

Il a déjà laissé non seulement une empreinte de son style cinématographique où la violence est esthétisée jusqu’à être sublimée, à niveau de sophistication tel qu’elle en devient remarquable. Quant à son sens de la provocation, il a l’art de la maitriser grâce à une humour aussi décapant que cynique, qui signe désormais sa griffe reconnaissable entre mille. On peut dire que Tarentino a ainsi réalisé le rêve secret de tout cinéaste qui se respecte, avoir sa griffe ! Francis Ford Coppola aurait donné ce conseil à sa fille Sofia lui demandant comment faire de bons films en tant que fille du grand FF Coppola, il lui répondit il faut que dès les premières minutes de la projection, on se dise, ça c’est du Coppola, du Sofia Coppola ».

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A moins que le véritable rêve de Tarentino ne soit de présider le festival de Cannes qu’il réalisa en 2004, pour la grand plaisir du public Français dont il a et restera toujours un de ses cinéastes chouchou, hors normes. Cette année là, on jury récompensera par la Palme D’or, un autre chouchou Américain Michael Moore, pour Farhenheit 9/11.  Et pour ceux qui douteraient encore du talent de Tarentino, sahez qu’en octobre 2007, selon le Daily Telegraph et le vote des Britanniques, Quentin Tarantino arrive à la 100e place des « 100 génies vivants » de notre temps.tarentino3

Et comme si cela ne suffisait pas, Tarantino a également créé son propre festival : le Quentin Tarantino Film Festival, qui présente sa propre collection de films, pour la plupart d'exploitation.

ANECDOTES

 

Quentin Tarentino a confié dans Le Parisien «Je veux que ce film dérange » et Paris Match « Faire plaisir au public, c'est comme faire jouir une fille. Et je sais comment m'y prendre". 

 

Jamie Foxx est arrivé sur le tournage avec son propre cheval, ce qui explique la symbiose entre Django et son canasson durant le film. Ne ratez surtout pas la dernière où vous comprendrez  clairement cette complicité.

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Léonardo Di Caprio est quasi en transe lors de la scène où il fait sa démonstration de phrénologie, il frappa alors si fort la table qu’il se met à saigner réellement, et continue la scène comme si de rien n’était. Soucieux de l’intensité qu’il avait lors de la prise il ne se fera soigner par des points de suture qu’une fois l ‘enregistrement dans la boite !

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POURQUOI ALLER VOIR CE FILM

 

Parce que c’est un des rares (si ce n’est le seul film) qui se joue habilement de la folie  des hommes qui les a poussés à réduire d’autres hommes à un degré immonde de servitude.

Parce que c’est un piqure de rappel essentielle voire indispensable de l’Histoire d’Amérique entachée par ce vilain passage que fut l’esclavage. Vilain, est un vain mot, car il s’agit plutot d’user de cet outil extraordianiare qu’est le cinéma pour faire revivre des passages sombres de l’humanité, capable de toute les horreurs, à une époque heureusement révolue. 

lincoln

La très jolie et opportune coincidence est que « Django Unchained » sort en même temps que le biopic de Steven Spielberg, sur « Lincoln » et le vote du 13ème amendement sur l’abolition de l’escalavage.

Il est de ces coincidences provoquées ou non, qui tombent à pic et viennent  panser certaines plaies de l’Histoire à défaut de réparer certaines ses fautes.

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 Tout l’art d’être à la fois distrait et touché par les émotions aussi fortes que l’horreur, le dégout, l’angoisse, la colère mais aussi la joie et la volonté de vivre, la passion, l’envie d’aimer est parfatiemetn mairtisé dans ce flm, par ce réalisateur surdoué qui sait frapper très fort la où  ça fait mal, mais aussi, du bien. Alors n’attendez pas courez y !

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 C’était Rahma pour la chronique Cinéma Coup de Cœur sur Radio RMB, 88.4 la radio libre comme l’air.

http://www.toutlecine.com/film/0040/00405134-django-unchained.html

http://articles.latimes.com/2012/dec/23/entertainment/la-et-mn-django-unchained-review20121224


vendredi 28 décembre 2012 15:13 , dans MES CHRONIQUES CINEMA RADIO


Critique du film l'Odyssée de Pi

L' ODYSEE de PI

Blog de rama : je me fais tout un cinéma, Critique du film l'Odyssée de Pi

Après une enfance passée à Pondichéry en Inde, Pi Patel, 17 ans, embarque avec sa famille pour le Canada où l’attend une nouvelle vie. Mais son destin est bouleversé par le naufrage spectaculaire du cargo en pleine mer. Il se retrouve seul survivant à bord d'un canot de sauvetage. Seul, ou presque... Richard Parker, splendide et féroce tigre du Bengale est aussi du voyage. L’instinct de survie des deux naufragés leur fera vivre une odyssée hors du commun au cours de laquelle Pi devra développer son ingéniosité et faire preuve d’un courage insoupçonné pour survivre à cette aventure incroyable.

Le film nous fait poser toutes ces questions le long de cette épopée océanesque des plus réussies abouties visuellement. Un questionnement suggéré par l’approche à la fois spirituelle et esthétique de ce conte généreux et relevant de la fable moderne. Une réalisation audacieuse et surréaliste à la limite entre mythe contemporain et le conte traditionnel, reposant sur un montage parfait qui nous plonge dans les méandres de nos questionnements intrinsèques :Un être humain peut il se rapprocher d’un fauve en cas de situation qui plus extrême de survie sur un canot de sauvetage ? Un fauve peut il effacer ses instincts carnassiers le temps d’une épopée marine aux cotés d’un être aussi doux et sensible qu’un gentil jeune homme, végétarien qui plus est ? La foi du jeune homme pieux, en lui, en Dieu, en sa survie lui permettra t elle de dompter cet animal sauvage qu’est le tigre face à lui ? A moins qu’il n’apprenne lors de ce voyage initiatique à dompter sa propre bestialité, partie intégrante de notre humanité ? Saura t il doser sa gentillesse naturelle, et transformer son empathie en outil de résistance dans un élan instinctif de survie ?

Le sort semble se jouer de cette histoire à dormir debout mais de quoi vous maintenir éveillé un soir de pleine lune, face au ciel étoilé, par son ironie provocatrice : Un jeune homme surnommée piscine par son père, en hommage à la plus belle piscine de Paris, fera-t-il le poids face à un océan pas si pacifique ? La beauté des créatures qui y règnent par dessus et dessous, rappelle l’homme à son devoir de protecteur de nos ressources marines au risque de se faire dévorer un jour en vertu de la loi de la chaine alimentaire. Quant à l’ile fantastique carnivore offrant de « belles merveilles de la faune et la flore le jour et les retirant la nuit », elle rappelle par sa juste métaphore, l’idée capitaliste de notre vie moderne qui nous offre le confort et la consommation le jour, pour mieux nous ôter nos vertus et libertés de penser la nuit…quand tous les carnivores s’éveillent…

Une belle œuvre stylisée,  réalisée de main de maitre par une l’inconsciente prestidigitation d’Ang Lee qui nous embarque dans cette odyssée mi réelle, mi fantastique. La frontière entre réel et virtuel est loin d’être nette pour le plus grand plaisir du spectateur qui s’en prend plein les mirettes. Que faire d’un réalisme quand le fictif, habilement orchestré par les effets spéciaux, nous envoie de la magie ? Comment  ne pas se défaire de la réalité pour rendre ce conte attrayant ?  

Le film essentiellement tournée en Inde à Pondichéry et à Taiwain, nous montre un tigre bluffant de réalisme qui est en fait le résultat d’effets spéciaux régis par une quinzaine de personnes qui se sont inspirés de quatre tigres réels, dont trois Français avec notamment « King » en acteur principal, mâle et deux femelles pour les scènes les plus agressives. Le réalisateur fit appel au dresseur Français Thierry Leportier qui selon Ang Lee dresse ses félins avec respect et discipline et pas seulement avec de la nourriture ». Cela s’est ressentit dans le film ! D’autre part, la seule fourrure du tigre a nécessité plus de 10 millions de poils à concevoir numériquement !  Le résultat en 3D est époustouflant de réalisme !

«  L'Odyssée de Pi » est l'adaptation d'un roman fantastique de Yann Martel qui reçut plusieurs récompenses), qui a déclaré "Mon livre a été traduit dans quarante-deux langues. Le voir adapté au cinéma, c’est une autre traduction qui s’opère. Le langage du cinéma est universel, et c’est un plaisir de voir l’histoire traduite de cette façon."

Réalisé par le Taiwanais Ang Lee, ce film a remporté 7 prix dont 4 Oscars 2013 (Meilleur réalisateur, meilleur photographie, meilleurs effets visuels, meilleure musique) avait reçu pas moins de 17 nominations.

Rahma Rachdi

« L’Odysée de Pi », film (Américain) réalisé en 2012 par Ang Lee avec Suraj Sharma, Irrfan Khan, Adil Hussain.

http://www.toutlecine.com/film/0039/00395119-l-odyssee-de-pi.html

http://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/La-bonne-surprise-des-Oscars-2013-4-prix-pour-l-Odyssee-de-Pi-d-Ang-Lee-3676798

vendredi 07 décembre 2012 00:26 , dans CRITIQUES DE FILMS


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